Je suis trop émotive

Comment gérer mon émotivité?

L’émotivité peut être un réel handicap dans la vie quotidienne.

Les personnes émotives sont des personnes qui vivent fréquemment, de manière intense et souvent perturbante, leurs émotions.

Commencer par accepter ses émotions

Une émotion, on ne choisit pas de la ressentir. Donc, si on ne l’accepte pas et qu’on cherche à la réprimer, elle a toutes les chances de s’amplifier au point de devenir incontrôlable.

Ne vous dites donc pas: “Je ne dois surtout pas pleurer”. Cela risque d’accentuer le phénomène.

Pourquoi dissimuler nos émotions ? Une vie riche est une vie ponctuée d’émotions. Témoigner de ses émotions n’est pas un aveu de faiblesse. Bien au contraire, c’est enrichir la communication à condition de parler de soi (J’ai ressenti … quand…) et de veiller à respecter l’autre.

Mais bien souvent, nous avons appris dans l’enfance qu’il n’était pas « bien » de ressentir telle ou telle émotion… Ce sont les psychanalystes qui ont ouvert les portes de la reconnaissance des émotions et des dégâts de leur refoulement. C’est très récent.

 

Pratiquer l’introspection pour aller rechercher l’émotion première

Une émotion en cache souvent une autre. C’est par exemple souvent le cas de la colère. En effet, on peut ressentir de la colère secondairement à la peur ou à la tristesse. C’est le cas par exemple si je me fâche sur mon enfant en raison de sa mauvaise attitude scolaire … en réalité, j’ai surtout peur qu’il échoue. Je peux aussi être en colère contre un proche décédé parce que je suis dévastée de tristesse. On peut aussi se sentir « triste » consécutivement à une colère réprimée. C’est par exemple le cas, lorsqu’on subit du harcèlement moral.

Pourquoi de tels comportements ? Dans l’enfance, on peut avoir insidieusement appris que certaines émotions ne sont pas acceptables. Qui n’a pas entendu des choses du type : « Arrête de pleurer comme un bébé! » ou « Un grand garçon comme toi ça n’a pas peur !» Du coup, l’enfant apprend, malgré lui et peu à peu, à enfouir certaines émotions… mais comme il s’agit d’énergie, il faut bien qu’elles ressortent autrement. Le problème, c’est que ce fonctionnement nous accompagne également pendant toute notre vie d’adulte et peut impacter toutes nos relations sociales.

 

On ne choisit pas de ressentir mais on peut ressentir comment exprimer nos émotions

Le problème des tempêtes émotionnelles, c’est leur impact sur nous-mêmes ou sur les autres.

Parfois, notre colère n’est pas adressée à la bonne personne, comme lorsqu’on décharge notre agressivité sur nos enfants à la moindre petite bêtise. Parfois on peut même s’autodétruire, c’est le cas des conduites addictives lorsqu’on se réfugie dans la nourriture ou l’alcool.

Nos excès émotionnels peuvent être très préjudiciables à notre santé et à nos relations.

Bien décoder ce qu’il se passe en nous est essentiel pour agir de manière appropriée. Evidemment, au tout début, cela sera difficile d’éviter des réactions à  chaud… mais y réfléchir après coup sera déjà très utile. On pourra par exemple observer dans quel contexte apparaissent ces émotions ? Devant qui ? Quel est le déclencheur ? S’était-il passé quelque chose avant qui m’avait fragilisé ? Qu’est-ce que j’avais ressenti ? Que me suis-je dit ? Comment avais-je alors réagi ? Etait-ce approprié ? Qu’est ce qui m’a touché ?

Il conviendra autant que possible de pouvoir exprimer ce que nous avons ressenti. C’est toujours mieux de pouvoir l’exprimer à la personne concernée mais si ce n’est pas possible, l’écriture sera très utile. Un journal quotidien peut faire des miracles !

En étant conscient des émotions authentiques sous-jacentes et en agissant de manière appropriée sur celles-ci, vous parviendrez de mieux en mieux à gérer vos émotions pour éviter le « trop ».

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue

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